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Mobiliser les savoirs au service d'un véritable codéveloppement euro-africain

Le Groupe interacadémique pour le développement - GID - est une association internationale créée en 2007 par onze académies de l’Europe du Sud et du continent africain. 

Avec l’ambition de « mobiliser les savoirs au service d’un véritable co-développement euro-africain », le GID a réussi, depuis sa création, à fédérer une communauté active de partenaires des pays d’Europe, de Méditerranée et d’Afrique, axe géostratégique d’importance croissante.

Aucun autre réseau académique ne réalise aujourd’hui la combinaison des deux composantes interacadémiques opérée par le GID, l’une géographique, étendue à une trente Académies d’Europe du Sud et de pays africains, et l’autre par les multiples domaines de compétences des Académies qui le constituent (sciences, technologies, santé, agriculture, sciences humaines et sociales…). 

Cette originalité rend le GID capable d’aborder les problèmes de développement dans leur complexité, avec l’indépendance de tout intérêt partisan que lui confère son statut académique, en se présentant comme un centre de réflexion, une force de propositions et un catalyseurs d’actions.

FIL DE L’INFO

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MOBILISER LES SAVOIRS AU SERVICE D'UN VÉRITABLE CODÉVELOPPEMENT EURO-AFRICAIN

François GUINOT, Président du GID

 

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Résumé : Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 585 000 femmes décèdent chaque année dans le monde d’une cause liée à la grossesse ; 99 % d’entre elles sont issues des pays en voie de développement. En 1987, la première Conférence internationale sur la Maternité sans Risque sensibilisait la communauté internationale à ce drame. Depuis, la mortalité maternelle et ses causes médicales sont mieux connues. Le ratio de mortalité maternelle en Afrique de l’Ouest est estimé à 1 020 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes alors qu’il est de 27/100 000 pour l’ensemble des pays industrialisés. Les causes obstétricales directes sont responsables de 80 % des décès : hémorragie, infection, dystocie, hypertension et avortements provoqués. Les décès de cause médicale indirecte sont dus essentiellement à l’anémie, au paludisme, à l’hépatite virale et au VIH. La morbidité maternelle grave est 6 à 10 fois plus fréquente et conduit non seulement à la mort mais au handicap dont certains aboutissent au rejet social de la femme. Pourtant, l’OMS estime que 95 % de ces décès et handicaps sont évitables, de plus à un coût modéré.

Résumé : Le ratio de mortalité maternelle est l’indicateur de santé pour lequel la disparité entre pays industrialisés et pays en voie de développement est la plus grande. Les causes médicales sont mieux connues depuis une décennie mais les autres déterminants doivent être recherchés pour développer les stratégies les plus pertinentes. Les déterminants socio-économiques jouent un rôle important mais les dysfonctionnements des services de santé maternelle sont responsables directement de la majorité des décès. L’insuffisance de personnel qualifié, la mauvaise gestion de ceux qui le sont, la mauvaise allocation des rares ressources, les mauvaises relations entre personnels de santé et femmes enceintes et les pénuries de matériel, de médicaments et de sang sont responsables d’une mauvaise qualité des soins maternels. La mise en œuvre de mesures simples et peu coûteuses mais efficaces préconisées dans le cadre de l’Initiative pour une Maternité sans Risque permettrait de réduire considérablement les décès maternels et néonatals ainsi que les handicaps. Ceci nécessite une mobilisation des pouvoirs publics des pays concernés. Celle-ci n’a toujours pas eu lieu en Afrique de l’Ouest malgré le plaidoyer des organismes internationaux.

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