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mercredi 13 janvier 2010, par Francis Segond
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Dakar - Atelier Sciences, métiers, sociétés - Compte rendu - 3ème partie
« Agriculture, Alimentation et Biotechnologies »

Ce troisième article, constituant la dernière partie du compte rendu de l’Atelier GID-SMS sur « Agriculture, Alimentation et Biotechnologies » qui s’est tenu du 17 au 20 novembre 2009 à Dakar, avec le soutien de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal et de la Fondation Louis D. de l’Institut de France, est plus particulièrement consacré aux communications scientifiques et techniques.

Voir également le premier volet de l’Atelier GID-Sciences, Métiers, Sociétés, ainsi que le compte rendu de l’atelier par Robert GUILLAUMONT, membre de l’Académie des sciences, Institut de France, membre de l’Académie des technologies.

COMMUNICATIONS de l’Atelier de Dakar
Résumés et présentation des intervenants, suivant l’ordre alphabétique.

NOTE : Seules figurent ici les communications qui ont été envoyées avant décembre 09. Cette page sera complétée au fur et à mesure des textes et résumés qui nous parviendront.

Vous pouvez également télécharger l’ensemble des communications au format PDF, réunies en un seul fichier comprimé.

 

Dr Inoussa AKINTAYO
Bénin, Coordonnateur de l’ARI

Docteur en sciences agronomiques (Académie des Sciences agricoles de Kiev, 1979).
Depuis 2003, Coordonnateur de l’Initiative africaine sur le riz (ARI) et chef de l’Unité de transfert de technologie, formation et gestion de l’information (Centre du riz pour l’Afrique). Auparavant, représentant Résident de l’ICRISAT au Mali et Coordonnateur du Réseau Ouest et Centre Africain de recherche sur le sorgho (ICRISAT, Bamako).

Contribution du Centre du riz pour l’Afrique
Valorisation des produits agro-alimentaires : Expérience de AfricaRice

Dr Inoussa AKINTAYO

Malgré les investissements énormes consacrés à la recherche agricole, le monde compte encore aujourd’hui plus d’un milliard d’affamés dont plus du quart vivent en Afrique au Sud du Sahara.

La majorité de ces malheureux vont au lit le ventre vide.

Cette situation déplorable n’est pas due seulement à un manque de production mais aussi au déficit de notre savoir faire dans la gestion de ce que nous produisons ; notamment dans le domaine de la technologie post récolte et surtout dans la transformation et la conservation des produits locaux.

Ce manque de savoir faire a pour conséquence une perte énorme de nos produits dans les champs et sur les marchés, la dépendance de l’extérieur pour ce qu’on aurait pu produire nous même.

Conscient que par le biais de la transformation des produits locaux on pourrait favoriser la création de valeur ajoutée d’une part et d’autre part la création d’emploi pour les ruraux et les habitants des villes, le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) a depuis un certain temps mis un accent sur la promotion de l’utilisation de la farine de riz en pâtisserie.

Les résultats de nos efforts ont prouvé qu’avec la farine de riz on peut préparer une gamme de produits de pâtisserie tels que les gâteaux, les biscuits, les petits fours, les pâtées, les crêpes, les gaufrettes et que dans une certaine proportion, la farine de riz peut être ajoutée à celle du blé pour la préparation du pain, des croissants ou tout autre produit de pâtisserie où la présence du gluten, dont ne dispose pas le riz, est indispensable.

Il est opportun de noter en passant que l’absence de gluten dans le riz n’est pas si négative qu’on pourrait le croire car elle permet à cette tranche de population allergique au gluten de consommer la pâtisserie à base de riz.

Fort des résultats obtenus et conscient qu’ils peuvent galvaniser la production du riz dans nos pays, réduire la pauvreté et la malnutrition, réduire l’importation du riz voire celle de la farine de blé, l’Initiative africaine sur le riz (ARI) a été mandatée par AfricaRice de transférer la technologie dans tous ses pays membres par le biais de la formation des femmes, les expositions, etc. C’est dans le cadre de ce mandat que nous avions eu à participer à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA) ici à Dakar il y a un peu plus d’un an et à organiser une formation pour les Conseillères en promotion féminine (CPF) de la Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED) transformatrices à St Louis il y a de cela un an à l’instar de ce que nous avons fait et continuons de faire dans tous les pays membres de AfricaRice.

Nous espérons que notre présence ici à la Table Ronde, contribuera encore davantage à mieux faire connaître les différentes utilisations du riz (les secrets du riz) et que progressivement la farine de riz remplacera celle du blé partout ou cela est possible et économiquement justifié.

Si cet espoir se concrétisait, nous aurons franchi un pas dans notre lutte contre la malnutrition des enfants car les femmes dans les villages, même les plus reculés, pourraient facilement fabriquer et vendre les produits de pâtisserie à base de farine de riz et notamment celle des NERICA riche en protéines (certaines variétés de NERICA contiennent en moyenne 13 % de protéines). La concrétisation de l’espoir pourrait aussi favoriser la diversification de l’utilisation du riz. Ainsi, au thiebou djen et thiebou yap viendront s’ajouter une gamme de produits nouveaux.

 

 

Mamadou Laho BARRY
Guinée, Chercheur au programme riz, IRAG

Ingénieur Agronome, option production végétale (riz, légumineuses alimentaires).
Depuis Novembre 2005, chercheur à  l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG). Ses travaux portent sur la Sélection variétale participative du riz phase de recherche (PVS-R) et les Stress abiotiques du riz au Centre Régional de Recherche Agronomique de Sérédou/Macenta (CRRA/Sérédou).

Mamadou BARRY

En Guinée, l’agriculture constitue la principale activité économique du pays, elle occupe plus de 80% de la population (SNSA 2006).

Elle bénéficie de conditions climatiques (hydrologiques et écologiques) favorables à une gamme variée de cultures tropicales. Toutefois, elle est marquée par une faible taille des exploitations agricoles (1,7 ha en moyenne) et des pratiques culturales extensives qui favorisent la dégradation des sols.

Le système de culture itinérante est le plus dominant, la jachère qui durait de 5 à 7 ans est devenue aujourd’hui très courte à cause de la pression foncière due à l’arrivée massive des réfugiés libériens et Sierra léonais cultures et à l’extension des cultures pérennes sur les plateaux.

Cette pression est fonction des zones agro écologiques (RS 1993).

Les précipitations moyennes annuelles varient de 2000 à 2500 mm.

Les surfaces agricoles utiles (SAU) sont estimées à 6 millions d’ha soit environ 25% du territoire national dont 1, 6 millions ha sont exploités.

Les principales productions vivrières sont constituées de céréales (riz, mil et maïs), des tubercules (manioc, pomme de terre) et des fruits, tandis que les productions d’exportation comprennent le café, le cacao et le coton.

Parmi toutes ces cultures ci citées le riz est l’aliment de base de toute la population Guinéenne. La production nationale oscille entre 816 000 à 900 000 tonnes de riz par an (Pasal 2001). Malgré des conditions agro-climatiques favorables, la Guinée est toujours dépendante des importations, notamment de riz pour couvrir les besoins alimentaires d’une population estimée à plus de 9 millions (SNSA 2005) d’habitants et dont la consommation moyenne est 80 kg de riz net par habitant et par an.

Ce déficit de production demeure une préoccupation du gouvernement qui doit satisfaire la demande d’une population en croissance. Avec la crise mondiale actuelle et la flambée des prix sur le marché international, il est difficile pour les fonctionnaires, toutes catégories confondues de satisfaire les besoins alimentaires vitaux.

Ce présent rapport traite des questions relatives à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté.

Notons que la lettre de politique de la réduction de la pauvreté prévoit distribuer et mettre sur le marché 10 000 tonnes de semences de riz en 2010 et 20 000 tonnes en 2015.

 

 

Adama COMPAORE
Burkina Faso, Agence Nationale de Biosécurité (ANB)

Ingénieur des Eaux et Forêts depuis 2002 et en service à l’Agence Nationale de Biosécurité (ANB) à partir 2005, année de création de l’ANB. Auparavant, il était en service à la Direction de la règlementation et des inspections environnementales du Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie. A ce titre il a participé à des activités essentielles telles que : l’élaboration des textes du Code de l’Environnement, de la nomenclature des établissements classés, la mise en œuvre des inspections et des surveillances environnementales, l’élaboration du plan de l’Environnement pour le développement durable et de la politique nationale en matière d’environnement.

EXPÉRIENCE DU BURKINA FASO EN MATIÈRE DE BIOSÉCURITÉ

Adama COMPAORÉ

Le Burkina Faso a participé au processus de négociation du protocole qu’il a ratifié par le décret n° 2003-208/PRES/PM/MAECR/MFB/MECV du 25 avril 2003 et a pris des mesures sur les plans institutionnel et juridique en application des obligations du protocole.

Sur le plan institutionnel, il a été créé une autorité nationale compétente en matière de biosécurité qui est l’Agence Nationale de Biosécurité (ANB) et 3 organes que sont : le Comité Scientifique National de Biosécurité (CSNB), les Comités Scientifiques Internes de Biosécurité (CSIB) et l’Observatoire National de Biosécurité (ONB).

Ce cadre institutionnel permet de veiller à l’application stricte des dispositions prévues aux niveaux législatif et règlementaire, notamment de veiller au respect des bonnes pratiques de recherche biotechnologique en milieu confiné et en champ, de suivre, évaluer et sensibiliser le public au respect des pratiques et obligations découlant des règles, et de prendre les décisions, de manière souveraine en concertation avec le public, concernant les demandes de travaux de recherche sur les OGM, de reproduction des OGM et de commercialisation des produits OGM.

Sur le plan juridique, le Burkina Faso a adopté en 2004 des règles nationales en matière de sécurité en biotechnologie, dont l’objectif était de contribuer à assurer un degré adéquat de protection pour le transfert, la manipulation et l’utilisation sans danger des organismes génétiquement modifiés. Par la suite, est intervenue en 2006 l’adoption de la loi portant régime de sécurité en matière de biotechnologie au Burkina Faso qui est un ensemble de dispositions législatives consacrées aux organismes génétiquement modifiés et leurs produits dérivés. Plusieurs textes règlementaires accompagnent cette loi.

Le Burkina Faso a opté pour les cultures génétiquement modifiées avec l’introduction du coton Bt. L’Agence nationale de biosécurité a été partie prenante de ce processus. En effet, en tant que autorité nationale compétente en matière de biosécurité, l’ANB délibère conformément aux dispositions de loi sur l’ensemble des activités utilisant la biotechnologie moderne dans notre pays.

C’est ainsi que dans le processus de mise en place du coton Bt , elle a eu à veiller, gérer, ou effectuer entre autres :
- l’application des principes de précaution et de l’accord préalable en connaissance de cause édictés par le protocole ;
- l’élaboration des instruments techniques d’évaluation des dossiers de demande d’autorisation ;
- la réception de l’ensemble des dossiers de demandes d’autorisation relatifs aux mises en essais et à la commercialisation des variétés de semences transgéniques de coton Bt  ;
- l’examen à travers le comité scientifique national de biosécurité de l’ensemble des dossiers de demandes d’autorisation ;
- l’inspection des sites d’expérimentation et de mise en cultures du coton Bt  ;
- l’information du public à travers des conférences de presses des décisions prises concernant l’introduction des variétés transgéniques de coton dans notre pays ;
- l’information, la sensibilisation et la formation de plusieurs groupes cibles notamment les décideurs (gouverneurs, responsables su secteur administratif, responsables des collectivités territoriales), les sociétés cotonnières, les producteurs, plusieurs associations de la société civile, les élèves et étudiants etc.

Des Défis majeurs se présentent dans notre pays en matière de biosécurité parmi lesquels on peut citer le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des organes et celui du système de communication à l’effet d’élargir le champ d’information du dispositif déjà existant.

 

 

Rokhaya DABA FALL
Sénégal, Directrice Générale, INP

Ingénieur agronome, spécialiste en science des sols.
Directrice Générale, Institut National de Pédologie, Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural du Sénégal. De 2004 à 2007, membre du Conseil d’Etat du Sénégal, devenu Cours Suprême. Consultante nationale et internationale en suivi et évaluation de l’impact des projets et programmes sur les questions de développement

La terre un facteur non limitatif de la production

Rokhaya Daba FALL1, Ibrahima DEME2, Prof Abdoulaye DIA3

L’année 2008 a été une année phare dans l’Agriculture sénégalaise. En effet, pour la première fois les surfaces cultivables ont fait l’objet d’une reconsidération. Dans la plupart des pays de la sous région, les terres cultivables ont été estimées bien avant les indépendances des années 1958 à 1962 comme une part infime des superficies des différentes nations naissantes, ne dépassant jamais 20%.

Nos travaux en cours ont dû être accélérés pour répondre à la demande de réévaluation des terres cultivables pour porter des objectifs de production jamais égalés en toute spéculation suivant un niveau technique bien déterminé.

Cet article expose les deux méthodes, successivement mises en œuvre pour procéder à cette évaluation avec les données et les moyens disponibles. Les deux méthodes utilisent les outils du Système d’Information Géographique (SIG). La première, par soucis d’urgence passe en revue directement une à une toutes les unités de la carte SOTER. Tandis que la seconde considère l’ensemble des études d’occupation des sols existantes qui lui permettent de reconstituer un nombre d’unités plus restreint, analysé suivant les critères d’évaluation tels que définis par le Cadre ad hoc.

Les deux méthodes aboutissent à travers une définition plus pertinente de l’arabilité des terres, à des espaces trois fois supérieurs à celles des années 1960. Des méthodes et techniques idoines d’occupation sont recommandées pour une conservation de la ressource et une amélioration de sa productivité. Des axes de recherches sont enfin dressés pour affiner les notions conceptuelles et les données requises pour une évaluation continue des ressources en terres afin d’orienter l’occupation des sols sous l’angle de l’aptitude des terres.

1 Directeur Général de l’Institut National de Pédologie du Sénégal (INP) : Auteur principal
2 Agent de la Division Cartographie et Cadastre Agricole de l’INP du Sénégal (INP) 
3 Professeur à l’Institut des Sciences de la Terre du Sénégal (IST)

 

 

Dr Papa Nouhine DIEYE
Sénégal, Value Chain Manager PCE/USAID

Docteur en Économie du Développement Agricole, Agroalimentaire et Rural de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier, en Sciences et Médecine Vétérinaire de l’Ecole Inter-états des Sciences et Médecine Vétérinaire/Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Chercheur à l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles de 1994 à 2009 où il a été Chef du Bureau d’Analyses Macro-économiques en recherches Agricoles de 2006 à 2009. Membre fondateur de l’Association Africaine des Agro-Economistes, membre de l’Association Internationale des Economistes Agroalimentaires (AIEA2), membre du comité scientifique de l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) association de recherche, réflexion et d’échanges sur les politiques agricoles, membre du réseau de recherche sur les politiques laitières en Afrique de l’Ouest (REPOL)

Développer l’agriculture vivrière par une intégration
des petits producteurs aux marchés

Dr Papa Nouhine DIEYE

Un enjeu majeur pour l’agriculture africaine est de faire face à la forte demande en produits alimentaires en quantité et en qualité. Les différents chocs exogènes confirment les limites de la forte dépendance des marchés extérieurs et la nécessité de développer une offre locale pour les produits vivriers de base.

La question de l’approvisionnement alimentaire est de plus en plus complexe avec la forte instabilité des marchés mondiaux et les différentes crises alimentaires liées aux maladies émergentes et les ajustements de l’offre des principaux pays exportateurs.

Au-delà de l’amélioration de la réduction des écarts de productivité agricole et du libre-échange des produits alimentaires, elle concerne plus spécifiquement des politiques publiques adaptées et incitatives pour le développement des marchés domestiques.

Les incitations sont certes relatives aux transferts de technologies et de partage des connaissances mais également à des investissements structurants de base permettant de réduire les coûts de transaction et les risques non liés à l’activité productive.

Notre réflexion s’appuie sur l’analyse de différents modèles de développement de filières agricoles au Sénégal. Les résultats montrent que les modèles d’intégration des petits producteurs aux marchés peuvent fortement contribuer à la réduction des incertitudes de l’offre et à la sécurisation des approvisionnements. En effet, la coordination des transactions sous forme de contrats ou de dispositifs hybrides contribue à un partage des risques et de la valeur entre les acteurs des chaînes d’approvisionnement mais à l’incitation des producteurs et des entreprises à l’investissement pour augmenter l’offre de produits de qualité sur les marchés.

Les changements importants dans les structures de production posent la nécessité de nouvelles approches pour l’amélioration des performances des systèmes vivriers. Le développement de l’agriculture vivrière ne peut se départir de la demande des marchés. Dans ce contexte, un rôle majeur des politiques publiques concerne la mise en place de services mais également de dispositifs institutionnels pour faciliter l’offre et garantir les transactions.

 

 

Dr Safietou TOURE FALL
Sénégal, Administratrice de Programmes PAM

Docteur Vétérinaire, Docteur en Alimentation-Nutrition. Membre de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal. Directrice de Recherches ISRA, Analyste de la sécurité alimentaire au PAM. Poste actuel : Administratrice de programme, Bureau Régional de Dakar ; UN World Food Programme ODD.

Renforcer l’exploitation des sciences et techniques pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du Sahel

Dr Safiétou Touré FALL

La situation de la sécurité alimentaire s’est aggravée dans le monde en 2008. Plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde (PAM, 2009). Au Sahel, ce fléau affecte près du tiers de la population (UN MDG, 2008). La principale cause profonde d’insécurité alimentaire concerne les aléas climatiques marqués par la sécheresse mais aussi les inondations qui déstabilisent les systèmes de production en Afrique de l’Ouest.

La sécurité alimentaire est une notion multidimensionnelle ; par définition, elle fait référence à trois dimensions clé : la disponibilité, l’accessibilité et l’utilisation de la nourriture (FAO, 1996). Son implication sur l’état nutritionnel des populations est établie. La disponibilité des ressources alimentaires est au centre de la problématique de la sécurité alimentaire dans le Sahel. Pourtant, la situation semble s’améliorer grâce à une bonne pluviométrie ; Selon le CILSS (2009), il est permis de s’attendre à des productions céréalières comprises entre 15 500 000 tonnes et 18 600 000 tonnes. Malgré cette embellie, la situation de la sécurité alimentaire suscite des craintes. Au Tchad par exemple, une analyse récente de la sécurité alimentaire révèle qu’au niveau national, 30,2% des ménages sont en insécurité alimentaire, soit près de 1 221 008 personnes dont : 7,5% en insécurité alimentaire sévère, soit près de 284 502 personnes et 22,7% en insécurité alimentaire modérée, soit près de 936 506 personnes (PAM, 2009).

Il faut arriver à avoir des stocks suffisants pour satisfaire la demande. Nous observons l’existence d’une bonne corrélation entre la capacité des ménages à réaliser des stocks céréaliers et leur classe de sécurité alimentaire (PAM, 2007, 2009). Cela fait appel à des technologies pouvant stimuler les productions vivrières et animales en augmentant les rendements agricoles et la productivité du bétail en particulier ; une contribution plus vigoureuse de la science est attendue pour améliorer la sécurité alimentaire des populations. Les thèmes abordés par des experts dans cette présente session sont pertinents : la supplémentation alimentaire ; la bio fortification des cultures vivrières et une étude détaillée de la crise alimentaire au Sahel et des perspectives nutritionnelles.

Il est alors possible d’identifier les avancées de la science et des techniques en vue d’améliorer les réponses à une demande essentielle pour nos sociétés. Dans ce cadre, les biotechnologies occupent une place de choix dans les technologies pouvant nous permettre de stimuler la production de nourriture pour trouver une solution à la crise alimentaire. Il faut arriver à améliorer la qualité des intrants et celle des itinéraires techniques. Le génie génétique a généré des résultats suffisamment convaincants pour améliorer le matériel animal et végétal et avoir un impact positif sur les rendements des productions végétales et la productivité du bétail. La génomique a été exploitée pour connaître les gènes et leurs expressions ; cette technologie a eu une grande contribution tant dans le domaine des productions végétales qu’animales. Les bio fertilisants et bio pesticides peuvent contribuer à l’amélioration des sols et au contrôle des nuisibles alors que la culture in vitro et la micro propagation sont utilisées en vue de la multiplication de plants à haute valeur ajoutée. En ce qui concerne l’élevage, des kits de diagnostic facilitent l’identification des maladies alors que les techniques de bio fermentation ont permis la production de vaccins (de différentes générations) qui ont nous ont valu d’énormes avancées dans la prévention des maladies animales. Des méthodes biologiques sont appliquées pour conserver les aliments alors que des additifs biologiques sont utilisés pour fortifier l’alimentation des humains et du bétail.

Les technologies amélioratrices de l’insécurité alimentaires sont nombreuses mais leurs applications à grande échelle sont encore faibles et n’ont pas encore eu un impact significatif sur la sécurité alimentaire des populations en Afrique de l’Ouest ; Des mesures d’accompagnement de nature socio-économique pourraient d’avantage contribuer à améliorer la réceptivité des populations aux nouvelles technologies. L’évaluation économique de ces technologies dans les conditions locales devrait être régulièrement incluse dans les plans de recherche ; Il importe également de mener le combat de leur reconnaissance pour une démonstration à grande échelle de leur efficacité technique et économique. Des liaisons plus fonctionnelles avec le secteur privé pourraient également permettre d’améliorer l’application de ces technologies et promouvoir leur compétitivité.

 

 

Dr Claudine FRANCHE
France, Directrice de Recherche IRD

Docteur en bactériologie et HDR, Université Paris VII, Jussieu. Domaines d’expertise : Étude moléculaire des symbioses fixatrices d’azote.
Coresponsable de l’Equipe de recherche Rhizogenèse, IRD/INRA/UMII, nommée au Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies (2009-2013) ; membre du Comité d’évaluation de l’ANR Génoplante/Génomique, membre du Comité d’évaluation européen « Applied life sciences and biotechnology » et « Building capacities », membre élu de la CSS2 de l’IRD (2008-2011)

LES PLANTES TRANSGENIQUES : CONTEXTE MONDIAL ET PERSPECTIVES

Claudine FRANCHE
Equipe Rhizogenèse, UMR DIAPC, Institut de Recherche pour le Développement, Montpellier

La transgenèse végétale s’est imposée comme un outil d’analyse particulièrement important au sein des laboratoires travaillant sur la compréhension du fonctionnement et du développement des plantes, et de leur adaptation aux différents stress de l’environnement. Elle permet en effet d’étudier la fonction des gènes, par exemple en modulant leur expression au sein de la plante, ou encore en étudiant les nouvelles propriétés acquises par une plante dans laquelle le gène étudié est introduit. Elle est également un complément indispensable aux grands programmes de séquençage des génomes végétaux, comme l’arabette, le riz, le peuplier, la luzerne, la vigne ou le blé. Par les résultats de ces études, la transgenèse permet d’explorer la diversité du vivant, donnant de nouvelles possibilités de création de variétés.

En 1996, la culture de variétés transgéniques occupait 1,7 millions d’hectares, et depuis cette date, les applications commerciales se sont diversifiées et la surface globale en plantes transgéniques a continué à croître régulièrement. En 2008, vingt-cinq pays, dont 15 pays du Sud et 10 pays industrialisés, ont cultivé des plantes transgéniques à des fins commerciales, sur une surface à l’échelle mondiale atteignant 125 millions d’hectares. Les principaux pays concernés sont, dans l’ordre d’importance, les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, l’Inde, le Canada et la Chine. Avec une surface de 65,8 millions d’hectares, le soja reste la principale plante transgénique cultivée, suivi par le maïs (37,3 millions d’hectares), le coton (15,5 millions d’hectares) et le colza 5,9 millions d’hectares). Les nouveaux caractères introduits sont principalement la tolérance à un herbicide et la résistance aux insectes. Le nombre d’agriculteurs impliqués dans la culture des OGM atteint en 2008 13,3 millions, et 90% d’entre eux sont de petits agriculteurs des pays en développement.

Bien acceptées sur le continent américain, les plantes transgéniques sont encore une source d’interrogations pour de nombreux citoyens. En Europe, la législation offre un cadre très strict qui définit les procédures d’évaluation des OGM afin de prévenir les risques pour la santé et l’environnement. Les risques étudiés concernent l’impact de la dissémination des transgènes dans l’environnement et l’impact pour la santé humaine ou animale. En 2009, a été créé en France le Haut Comité des Biotechnologies, une instance d’évaluation, d’expertise et de concertation sur les biotechnologies, composée d’un conseil scientifique multidisciplinaire et d’un comité économique, éthique et social. Cette structure unique en Europe, dont le fonctionnement sera exposé, examine les demandes d’autorisation des essais en champs, de culture et d’importation de graines transgéniques.

Compte-tenu des besoins alimentaires auxquels nous devrons faire face à l’avenir à l’échelle de la planète, le potentiel offert par les nouvelles techniques de biotechnologie végétale doit être pris en compte. Les dernières avancées dans le domaine seront présentées.

 

 

Pr Amadou Tidiane GUIRO
Sénégal, Professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Professeur titulaire au département de biologie animale de la faculté des sciences et techniques, Laboratoire de Nutrition, Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, le Professeur Amadou Tidiane Guiro est un spécialiste de la nutrition. Il a été directeur de l’Institut de technologie alimentaire (Ita).

Crise alimentaire au Sahel et perspectives nutritionnelles

Pr Amadou Tidiane GUIRO

Laboratoire de Nutrition, Département de Biologie Animale, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Le lien le plus évident entre l’agriculture et la nutrition tient au fait que l’agriculture fournit la quasi-totalité de la nourriture que nous consommons. Un régime sain exige une production locale diversifiée d’aliments périssables et l’accessibilité d’articles commercialisés à l’échelle régionale ou internationale.

La crise alimentaire mondiale, paradoxale au vu des progrès technologiques enregistrés au cours du 20ème siècle, est due en fait à plusieurs facteurs exogènes et endogènes. Elle s’est traduite par une augmentation exceptionnelle des cours des produits alimentaires.

L’Afrique Subsaharienne a été très frappée par cette crise du fait d’une agriculture contre performante qui a failli à sa mission première qui est d’abord de nourrir ses populations. Globalement, sa production alimentaire per capita a même eu tendance à décliner.

Pour des pays importateurs de l’essentiel de leur nourriture, comme le Sénégal, la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires a été dramatique pour les populations particulièrement les plus vulnérables.

Alors que la disponibilité alimentaire peut constituer un problème pour une partie importante de la population, lorsque cette disponibilité décline et que les prix augmentent, c’est surtout pour les populations pauvres que ce problème tourne à la crise. En Afrique au sud du Sahara, plus de la moitié de la population est considérée comme pauvre. Et pire, l’extrême pauvreté augmente dans cette région du monde. Les pauvres consacrent une part importante de leur budget à l’achat de nourriture, jusqu’à 70%, et ressentent terriblement le choc.

A cette crise alimentaire s’ajoute aujourd’hui la crise financière avec une baisse de la croissance économique. Cela se traduit par une raréfaction des revenus monétaires au niveau des ménages et une baisse du pouvoir d’achat consacré à l’alimentation. L’enquête réalisée en 2009 par l’ANDS sur l’impact de la hausse des prix sur la sécurité alimentaire des populations en milieu urbain au Sénégal révèle que « la composition et la qualité des repas ont également subi des modifications en raison de la hausse des coûts des produits de base habituellement consommés comme le riz, l’huile, la viande et les légumes (ces derniers n’étant plus désormais consommés que sous forme de condiments) ». En plus, le goûter a été supprimé pour bon nombre d’enfants et les repas du déjeuner sont resservis au dîner (repas photocopie) reflétant ainsi un régime alimentaire de plus en plus monotone. Cette baisse de la consommation, aussi bien en quantité qu’en qualité, en particulier celle des aliments sources d’énergie, de protéines et de micronutriments va affecter l’état nutritionnel des populations, en particulier celui des groupes vulnérables que sont les enfants et les femmes enceintes et allaitantes.

En un quart de siècle, le nombre d’enfants qui ont un retard de croissance qui reflète une malnutrition chronique n’a presque pas bougé en Afrique de l’Ouest tandis qu’en Afrique de l’Est la situation s’st dégradée. L’insécurité alimentaire est la principale cause de la dégradation de l’état nutritionnel des populations. La malnutrition pluricarentielle et les carences en micronutriments sont la conséquence d’une alimentation insuffisante, monotone, déséquilibrée ou carencée. Dans certaines régions du Sénégal, un enfant sur quatre voire sur trois souffre de malnutrition chronique. Les travaux de l’Equipe de nutrition de la FST-UCAD de Dakar montrent également que dans le Département de Sédhiou, particulièrement en saison humide, plus de 50% des femmes en âge de procréer (15-59 ans), souffrent de carence en fer, plus de 60% sont carencées en zinc, et plus de 30% ont réserves des hépatiques faible en vitamine A.

L’analyse des données scientifiques récentes publiées par le Lancet en 2008 montre que les malnutritions en plus des carences en micronutriments représentent plus de 21% des décès des enfants de moins de 5 ans dans les pays concernés soit 36 pays Afrique et Asie Centrale.

Si des améliorations de la production sont attendues dans certaines régions, la crise financière n’augure pas de bonnes perspectives au plan nutritionnel et il faut mettre en place des mesures palliatives d’urgence.

Réduire la prévalence des malnutritions requiert des efforts soutenus au niveau de la production, de l’accessibilité des aliments au niveau des ménages, de la diversification des régimes alimentaires par la promotion des aliments locaux, de l’éducation, et de la formation de ressources humaines de qualité pour conduire les changements attendus.

 

 

Dr Richard KENGA
Cameroun, Directeur Station polyvalente de Recherche Sélection et Amélioration des plantes IRAD

Maître de recherche, ingénieur Agronome en 1981 à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université de Dschang, Cameroun, puis en 1989 un Master en amélioration des plantes (spécialisation dans la Génétique et l’amélioration des plantes) à l’université de Texas A&M aux USA et plus tard (2001) un Ph D. à l’Université Ahmadu Bello à Zaria, Nigeria.

LA BIODIVERSITÉ AGRICOLE SOURCE D’UNE AMÉLIORATION DE LA PRODUCTIVITÉ : CAS DES SORGHO REPIQUE « MUSKWARI » DANS LE BASSIN DU LAC TCHAD

Dr Richard KENGA
INSTITUT DE RECHERCHE AGRICOLE POUR LE DEVELOPPEMENT (IRAD)

Les sorghos « repiqués » de saison sèche encore appelés « Muskwari » sont des sorghos plantés sur des vertisols à haute teneur en argile dans le bassin du Lac Tchad. Le Muskwari peu produire des graines dans un environnement très marginal. Les semis ont lieu en pépinières avant la fin de la saison des pluies. Le repiquage est effectué après la fin des pluies. Cultivée essentiellement pour la subsistance, cette céréale couvre les besoins alimentaires d’une tranche importante de la population, principalement les ruraux. Les cultivars locaux présentent une très grande diversité qui s’érode cependant progressivement. Ceci se traduit par une diminution du potentiel productif, sous l’effet conjugué d’actions anthropiques et de facteurs climatiques fluctuants.

La forte pression démographique et la demande croissante en céréales obligent les paysans à pratiquer la culture du muskwari même dans les zones marginales. Ceci a effectivement contribué à établir une relative auto suffisance alimentaire. L’extension du sorgho repiqué est également liée à son intérêt économique parce qu’il occupe une place privilégiée dans le marché vivrier régional. Le savoir-faire des populations locales a permis le développement des pratiques culturales très hétérogènes adaptées aux conditions du milieu. La communication donnera des informations sur la distribution et l’importance du Muskwar i dans le bassin du Lac Tchad. Les différents écotypes locaux sont décrits, de même que les différents systèmes de culture. L’environnement dans le quel la culture a évolué, les différentes utilisations et les contraintes à la production seront présentées avec un accent particulier sur la contribution du muskwari à assurer la sécurité alimentaire de la population de la région. On y trouvera aussi un résumé des innovations culturales qui ont été introduite dans l’optique d’accroître la production et la productivité des Muskwari. La gestion durable de cette diversité nécessite d’entreprendre des actions visant le maintien et l’amélioration de la gamme de cette espèce.

 

 

Dr Ababacar Sadikh NDOYE
Sénégal, Directeur Général ITA

Dr. Ingénieur en Sciences Alimentaires (École Nationale Supérieure des Industries Alimentaires – Massy / Université de Paris VII), Directeur Général de l’’Institut de Technologie Alimentaire de Dakar (ITA), membre de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal.

VALORISATION DES PRODUITS AGROALIMENTAIRES AU SENEGAL : ACQUIS DE L’INSTITUT DE TECHNOLOGIE ALIMENTAIRE EN MATIERE DE RECHERCHE ET DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIES.

Dr A. S. Ndoye, Directeur Général de l’ ITA.

La communication aborde la question de la valorisation des produits agroalimentaires au Sénégal à travers une présentation des acquis de l’Institut de Technologie Alimentaire (I.T.A.) en matière de recherche et de transfert de technologies.

Les programmes et projets de recherche exécutés par l’ITA depuis sa création en 1963 ont toujours été basés sur les différentes stratégies mises en œuvre par le Sénégal dans le cadre de ses plans de développement pour promouvoir le secteur industriel.

La stratégie de valorisation des ressources naturelles locales : « le Consommer sénégalais », s’est réaffirmée dans le temps, avec l’accent particulier mis sur la valorisation des productions agricoles compte tenu du fait que l’agriculture constitue le principal facteur de croissance économique du pays.

Les objectifs suivant sont visés :
- Augmentation du degré de transformation des produits agricoles par une intégration verticale plus poussée ;
- Diversification plus large de la transformation industrielle des ressources agricoles disponibles avec l’introduction de technologies nouvelles et le développement de nouveaux produits.
- Pilotage de la recherche par la demande en tenant compte des besoins réels des utilisateurs des résultats de la recherche.

Dans la communication il sera mis en exergue les principaux résultats de recherche obtenus et portant sur :
- Technologies de transformation des céréales et légumineuses locales (mil, maïs, sorgho, niébé, …) : pain riche, couscous, Arraw, aliment de sevrage ;
- Technologies de transformations des produits horticoles (boissons industrielle à base de bissap, ditak, … ;
- Technologies de séchage solaire de divers produits locaux (poissons, fruits et légumes) ;
- Rationalisation des procédés traditionnels de fermentation par la biotechnologie (M’bannick, Nététu, etc.) ;
- Technologies de transformation du poisson (poisson séché, fumé, braisé, sardinelle pressé) ;
- Développement de produits de charcuterie bovine (jambon, saucisses, merguez, …) ;
- Méthodes de détoxification de l’huile d’arachide artisanale (élimination d’aflatoxine) ;
- Equipements de transformation (épierreurs, granulateurs, séchoirs, chariots d’alimentation de rue, containers isothermiques, fours en parpaing).

En matière de transfert de technologie l’ITA offre divers services portant sur : la formation (modules, accueil de stagiaires), l’assistance technique (encadrement entreprises, promoteurs, opérateurs), la documentation et l’information scientifique et technique. Un réseau de partenariat dynamique est mis en place au Sénégal et à l’étranger, avec divers types d’institutions, d’organisations. Dans un souci permanent de répondre aux préoccupations alimentaires des populations , l’ITA, en collaboration avec ses partenaires, s’est engagé à promouvoir dans le marché divers produits transformés dont récemment, la poudre de Bissap instantanée, le café Touba soluble et le PRESSEA Bissap.

En conclusion, il a été réaffirmé que la lutte contre l’insécurité alimentaire passe non seulement par l’augmentation de la production agricole nationale mais également par la valorisation de cette production grâce à la transformation qui va permettre une meilleure conservation des produits, mais aussi à une plus grande commodité d’utilisation aboutissant à plus de valeur ajoutée.

L’ITA, tout au long de son existence, a accordé une place prépondérante à la valorisation des produits agricoles comme en attestent ses nombreux résultats qui ont fait l’objet d’un transfert. En tant qu’institution de recherche/développement, donc chargée d’une mission de prospective, de nouveaux axes seront développés pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits agricoles transformés grâce à une stratégie d’enrichissement ou l’utilisation de la biotechnologie qui offre de nombreuses possibilités de valorisation.

 

 

Antonin OLIYIDE
Bénin, Chef service Programmation Alimentaire et Nutritionnelle, DANA/ MAEP

Ingénieur Agronome, option Nutrition et Sciences Agro-alimentaires à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Nationale du Bénin. De 1991 à 2000, responsable du Développement Rural. De 2000 à 2003, Coordonnateur du Projet de Relance de la Filière Anacarde. De 2002 à 2005, Chef Service Appui à la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, Depuis, Chef du Service Programmation Alimentaire et Nutritionnelle à la Direction de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée (DANA) Porto-Novo.

AGRICULTURE-ALIMENTATION-BIOTECHNOLOGIE : SITUATION DU BENIN

Antonin OLIYIDE

Le Bénin a ratifié le protocole de Carthagène et a mis en place un comité national de biosécurité dont le fonctionnement est resté très peu opérationnel.

Un moratoire de cinq ans suivi de recommandations sur les OVM au Bénin a pris fin le 05 mars 2007. Le Projet Régional de Biosécurité en Afrique de l’Ouest (PRBAO), dont l’objectif global est de protéger la biodiversité en Afrique de l’Ouest par la mise en place d’un cadre régional de biosécurité (CRB) devrait coïncider avec la fin du moratoire.

Une pétition a été faite au gouvernement pour protester contre l’introduction des OGM dans l’agriculture et dans l’alimentation au Bénin. L’objectif visé par les signataires étant d’appeler l’attention du Gouvernement Béninois sur ce que le Projet Régional de Biosécurité en Afrique de l’Ouest (PRBAO) est en parfaite contradiction avec le protocole de Carthagène.

En janvier 2007, une communication avait été introduite par les structures compétentes du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, faisant le point de la mise en œuvre des mesures prises par l’Etat Béninois dans le cadre du moratoire sur les OGM. Les propositions et décisions qui ont précédé ce premier moratoire, les détails sur la pétition introduite au Gouvernement et sur le PRBAO, seront abordés dans le développement de ce thème.

En conclusion, malgré le moratoire en cours au Bénin, les produits transgéniques circulent et sont consommés par bon nombre de béninois, avec ou contre leur volonté, le Bénin ne disposant pas actuellement de moyens de contrôle et d’évaluation de produits « OGM » ou dérivés. Il n’existe pas non plus de cadre règlementaire ou institutionnel pour évaluer et atténuer les effets environnementaux, socio-économiques ou sur la santé humaine des OGM au niveau national. Des efforts restent donc à faire par le Bénin pour combler ces lacunes.

 

 

Dr Niaba TEME
Mali, Chercheur à l’Institut d’Économie Rurale (IER) du Mali

Sélectionneur des plantes et Chercheur à l’Institut d’Économie Rurale (IER) du Mali. Avant l’obtention de son Ph D en Sélection des plantes (Université de Texas Tech, Lubbock, Texas, Etats-Unis) en 2006, il était le technicien principal du Programme d’Amélioration du Sorgho, volet sélection, dans la Station de Recherche Agronomique de Cinzana, de 1980 à 1995.
Depuis 2007, Sélectionneur sorgho au Centre Régional de la Recherche Agronomique (CRRA) de Sotuba et responsable de la Biotechnologie Végétale de l’Institut d’Economie Rurale (IER) du Mali. Il est membre actif du Groupe Consultatif sur les Biotechnologies (CGB) du Ministère de l’Agriculture coordonné par l’IER.

Contribution des Biotechnologies dans la préservation de la production grainière du sorgho dans les zones d’infestation endémique de Striga hermonthica au Mali

Dr Niaba TEME

Le sorgho est une culture vivrière très importante pour les paysans vivant dans la zone sahélienne et spécialement au Mali. Sa production, pour la campagne agricole 2008/2009, était estimée au Mali à 930 485t contre 1 309 758t pour le riz et 1 241 526t pour le mil.

L’infestation des champs du sorgho par le Striga hermonthica compromet la production du sorgho et par conséquent la vie des producteurs dépendant de cette culture. Des variétés résistantes telles que le N13 et le Faramida ont été testées avec succès mais n’étaient pas du goût des consommateurs.

La complexité du mode de vie du Striga et la faiblesse des revenus des paysans rendent difficile la lutte contre ce fléau. Pour minimiser la souffrance des producteurs de sorgho, un projet intitulé : « Arresting the Scourge of Striga on Sorghum in Africa by Combining the Strenghts of Marker-Assisted Backcrossing and Farmer-Participatory Selection » / « Stopper le fléau du Striga sur le sorgho en Afrique en Combinant les forces du Rétrocroisement Assisté de Marqueur et la Sélection Participative Paysanne », a été initié en 2004 et concerne le Mali, le Kenya, le Soudan et l’Érythrée. Il est financé par la Coopération Allemande pour le Développement Économique (BMZ). L’ICRISAT assure la coordination technique avec l’Université d’Hohenheim (Stuttgart).

L’objectif principal visé par le projet est d’améliorer la sécurité alimentaire dans les zones infestées par le Striga . Aussi des marqueurs moléculaires ont-ils été utilisés pour le transfert et la conformité des progénitures aux parents. Les lignées isogènes dérivées des BC2 ont été testées dans des parcelles artificiellement infestées de Striga à Sotuba en 2007. Il existe des différences significatives entre les lignées en nombre de pieds de Striga apparus et de poids grain par parcelle. La sélection assistée de marqueur est un outil performant pour cette étude de transfert de caractère d’intérêt. Des données phénotypiques collectées à Sotuba et Samanko pendant les campagnes 2007, 2008 et 2009 permettront l’identification d’une ou de 2 variétés plus tolérantes qui répondront aux aspirations des paysans qui participent aux choix des lignées.

La présente communication se propose de démontrer la contribution des marqueurs pour l’accélération des processus de sélection variétale par rapport aux approches conventionnelles.

 

 

Koku Domenyo TSATSU
Togo, Coordonnateur scientifique des recherches en agroéconomie et transfert de technologies, ITRA

Ingénieur agronome, spécialisé en agroéconomie, diplômé de l’Ecole Supérieure d’Agronomie de l’Université du Bénin, Togo en 1988. Actuellement coordonnateur scientifique à l’Institut Togolais de Recherche Agronomique où il dirige les recherches en socio-économie et transfert de technologies. Il est membre de l’équipe de rédaction des rapports techniques et du bulletin d’information « Itractualité » de l’institut.

L’agriculture togolaise : défis et perspectives

Koku Domenyo TSATSU
Agroéconomiste, ITRA, Togo

Au Togo, le secteur agricole joue un rôle économique et social de premier plan et reste le principal soutien à la formation de la richesse nationale. Il occupe en effet, 70% de la population active, représente 20% des exportations et contribue pour environ 40% au Produit Intérieur Brut (PIB). La production vivrière constitue le principal sous-secteur de l’économie agricole du pays avec 69% du PIB agricole brut. Les principaux produits de rente (coton, café, cacao) contribuent pour 9% en moyenne au PIB agricole et l’élevage pour 13%. Avec une superficie cultivable estimée à 3,4 millions d’hectares de terres, une pluviométrie moyenne de 1100 mm par an et un réseau hydrographique qui couvre l’ensemble du territoire, le Togo dispose à priori d’un potentiel physique et humain susceptible de garantir la sécurité alimentaire. Mais des contraintes d’ordre naturel et structurel persistantes infléchissent la performance du secteur agricole depuis plus d’une décennie. La situation actuelle de l’agriculture togolaise semble remettre en cause ses attributs qui ont pourtant une portée significative aussi bien dans les indicateurs macro-économiques du pays (40% du PIB et 20% des exportations) que dans la lutte contre la pauvreté notamment à travers la disponibilité permanente de denrées alimentaires pour l’ensemble de la population. La régression des taux de croissance des productions vivrières qui ont même fléchi en dessous des besoins alimentaires du pays ces dix dernières années et un recul sévère des principales exportations (café, -57% ; cacao, - 67% ; coton, -70%), constituent une menace pour la sécurité alimentaire et la croissance économique du Togo. L’agriculture togolaise peut se refaire une santé et jouer véritablement son rôle de moteur de l’économie, en relevant les doubles défis de la technicité et de l’efficacité. L’amélioration de la productivité agricole et notamment celle des productions vivrières, un meilleur soutien public au secteur pour une plus grande opérationnalité des structures techniques d’appuis et le professionnalisme des producteurs sont les gages d’une meilleure performance. La reprise actuelle de la coopération avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), offre également de bonnes perspectives pour plus d’investissement dans le secteur agricole.