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jeudi 14 janvier 2010, par Francis Segond
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Dakar - Atelier Sciences, métiers, sociétés - Compte rendu - 4ème partie
« Agriculture, Alimentation et Biotechnologies »

ATELIER international « SCIENCES, METIERS, SOCIETES »

DU GROUPE INTER - ACADEMIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT (GID) SUR LE THEME :

« AGRICULTURE, ALIMENTATION ET BIOTECHNOLOGIES »

HÔTEL NGOR DIARAMA, DAKAR, SENEGAL

DAKAR 16 – 20 Novembre 2009

 

 

RAPPORT GENERAL

CEREMONIE OFFICIELLE D’OUVERTURE

Du 16 au 20 Novembre 2009 s’est tenu à Dakar un atelier international « Sciences, Métiers, Sociétés » du Groupe Inter - académique pour le Développement (GID) sur le thème « Agriculture, Alimentation et Biotechnologies ». La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée le Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de la Pisciculture et des Biocarburants du Sénégal représentant le Ministre de l’Agriculture de la Pisciculture et des Biocarburants empêché. Il revenait au Président de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS), le Professeur Souleymane Niang, d’adresser un mot de bienvenue aux participants à l’atelier. Après avoir souhaité la bienvenue aux participants et remercié les organisateurs et les sponsors, il a indiqué que le présent atelier s’inscrit dans le cadre du Plan Stratégique 2006 - 2010 de l’ANSTS et montre l’engagement de l’Académie pour la promotion de la science.

A la suite du Pr Niang, Monsieur Jacques Fröchen a délivré le message du Président du GID, le Pr André Capron. Le message insiste sur le fait que le présent atelier aborde l’analyse des rapports essentiels entre agriculture, alimentation et la science au travers des biotechnologies et de leurs capacités innovantes et exprime le souhait que l’exposé des problèmes spécifiques des pays participants permette de donner aux grands thèmes à débattre, un éclairage indispensable aux propositions concrètes d’action qui seront émises.

Le représentant de l’Ambassade de France au Sénégal, après s’être félicité de la tenue de cet atelier et de son ouverture régionale, a insisté sur l’importance de l’agriculture en Afrique et les appuis divers et variés de l’Agence Française pour le Développement (AFD) dans le secteur agricole.

Le Représentant Résident de la FAO au Sénégal, a délivré le message que le Directeur Général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Dr Jacques Diouf, par ailleurs membre de l’ANSTS, a adressé aux participants à l’atelier, message dans lequel il s’est félicité de la pertinence du thème de l’atelier qui se tient au moment où se tient à Rome le Sommet Mondial sur la Sécurité Alimentaire. Après avoir rappelé les principaux objectifs de ce Sommet, le Représentant Résident de la FAO a indiqué que les conclusions et recommandations du présent atelier participeront à jeter les bases d’une agriculture saine et durable, pour assurer des lendemains meilleurs aux populations africaines dans leur diversité.

Le discours d’ouverture a été prononcé par le Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de la Pisciculture et des Biocarburants. Après avoir souhaité la bienvenue au Sénégal à tous les participants à l’atelier, le Secrétaire Général a insisté sur l’importance du thème de l’atelier et a passé en revue les différents programmes de mise en œuvre de la politique du Gouvernement du Sénégal dans le secteur agricole, notamment la Grande Offensive pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) ainsi le rôle de la Recherche Agricole pour assurer, entre autres, une veille scientifique en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM).

CONFERENCES GENERALES INTRODUCTIVES

La cérémonie officielle d’ouverture a été suivie par une session consacrée aux conférences générales introductives. Cette session a été présidée par le Pr Souleymane Niang, Président de l’ANSTS avec comme rapporteur Dr Jean Pierre Ndiaye de l’ANSTS. La conférence inaugurale a été faite par le Dr Amadou Ouattara, Représentant Résident de la FAO au Sénégal sur le thème : « Aspect général de l’Agriculture dans le monde et situation en Afrique ». Cette conférence inaugurale a été suivie de deux exposés. Le premier exposé a été fait par le Pr Albert Sasson de l’Académie des Sciences et Techniques Hassan II sur le thème « La crise alimentaire mondiale : causes, évolution prévisible et solutions ». Le deuxième exposé a été fait par le Pr Bertrand Hervieu de l’Académie d’Agriculture de France sur le thème « Comment prendre en compte la diversité des agricultures dans la construction des politiques agricoles et des politiques de développement ».

PANEL 1

La journée du 17 Novembre s’est terminée par un panel dont le thème portait sur les « problèmes spécifiques des pays participants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Guinée, Mali, Togo ». Le Dr Moctar Touré (ANSTS) était le modérateur du panel et Mr Cheikh Alassane Fall (ISRA) le rapporteur. Les panélistes et les sujets de leurs présentations étaient les suivants :

- Dr Samuel Nzietchung de Cameron Academy of Sciences.
« L’agriculture au Cameroun en contexte de crise économique ».

- Dr Mamadou Laho Barry de l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG).
« La riziculture en Guinée : principales contraintes, méthodes de contrôle et acquis »

- Dr Koku D. Tsatsu de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA).
« L’agriculture togolaise : défis et perspectives ».

- Dr Antonin Oliyide de l’Institut National de Recherche Agronomique du Bénin (INRAB)
« Situation de la sécurité alimentaire et de la biotechnologie agricole au Bénin »

- Mr Adama Compaoré de l’Agence Nationale de Biosécurité du Burkina Faso.
« L’expérience du Burkina Faso en matière de biosécurité »

- Dr Niaba Temé de l’Institut d’Economie Rurale du Mali.
« Striga hermontica, et les contraintes de la production grainière du sorgho grain au Mali ».

Pour assurer l’approvisionnement en produits agricoles, et améliorer la sécurité alimentaire, l’on peut retenir des discussions, un certain nombre de défis communs à relever :

- La résolution de l’insécurité foncière
- La disponibilité et l’accessibilité des facteurs de production et/ou techniques adéquates (semences certifiées des cultures vivrières, irrigation, fertilité des terres) ;
- L’importance d’élaborer des politiques endogènes volontaristes ;
- La construction d’une expertise nationale par le développement de la production scientifique, c’est-à-dire de la recherche scientifique et technologique, en réponse à la question de savoir s’il y avait encore une place pour la recherche ;
- La formation des acteurs à la base et la place de l’arbre.

PANEL 2

La matinée du 18 Novembre 2009 a été consacrée au Panel 2 sur le thème « Sécurité alimentaire et nutritionnelle » avec les sous-thèmes suivants :

- Supplémentation alimentaire ;
- Biofortification des cultures vivrières ;
- Crise alimentaire au Sahel et perspectives nutritionnelles.
- Le Panel 2 a eu comme modérateur le Pr Bertrand Hervieu de l’Académie d’Agriculture de France et comme rapporteur le Dr Koku Domenyo Tsatsu (Togo). L’exposé introductif a été fait par le Dr Safiétou Touré Fall de l’ANSTS/PAM sur le thème « Renforcer l’exploitation des sciences et techniques pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du Sahel ».

Les panélistes et les sujets de leurs présentations étaient les suivants :

- Pr Salimata Wade de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
« La crise alimentaire au Sahel et perspectives nutritionnelles »

- Pr Albert Sasson de l’Académie des Sciences et Techniques Hassan II (AH2ST).
« La biofortification des cultures vivrières »

A l’issue des exposés, les discussions et échanges qui ont été engagés ont fait ressortir les points d’attention suivants :

Sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel

- La malnutrition est plus une question de micro-nutriments (vitamines et minéraux) que de protéines végétales ou animales ;
- Il est impérieux de conserver la biodiversité africaine pour mieux faire face au changement climatique et à la crise financière ;
- Il y a nécessité de rechercher la complémentarité des institutions qui élaborent des données sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- Il importe d’harmoniser les méthodologies d’évaluation des prévisions de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- La recherche scientifique doit aider à élaborer des protocoles consensuels d’évaluation ;
- Il faut renforcer la formation et l’éducation des populations sur les questions alimentaires et nutritionnelles.

Sur la biofortification et la biotechnologie

- Il n’y a pas de choix dogmatique à faire en matière de production des plantes transgéniques, car il faut tenir compte des spécificités et des capacités de chaque Etat ;
- La communauté scientifique notamment les Académies doit contribuer à éclairer les politiques pour la prise de bonnes décisions en matière de biotechnologies ;
- La biofortification est
- Les systèmes nationaux de recherche agronomique et les institutions internationales de recherche doivent être fortement impliqués dans les questions de biotechnologie ;
- Il y a nécessité pour chaque pays de disposer d’un système efficace de production de semences ;
- La priorité doit être accordée à l’agriculture familiale dans la quête de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

PANEL 3

L’après-midi du 18 Novembre 2009 a été consacré au Panel 3 sur le thème « Valorisation des produits agro-alimentaires ». Le modérateur était le Pr Pierre Feillet de l’Académie des

Technologies et le rapporteur le Dr Yacine Touré de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA).

Le thème du Panel 3 comportait les sous-thèmes suivants :

- Valorisation des céréales, tubercules et légumineuses locales ;
- Transformation, conservation et conditionnement d’autres produits locaux (fruits et légumes, poissons, produits halieutiques ;
- Utilisation des biotechnologies dans la valorisation des produits agroalimentaires : mise au point de starters (Néré, ferments lactiques).

L’exposé introductif a été fait par le Dr Ababacar Ndoye de l’ANSTS/ITA et a porté sur : « Valorisation des produits agroalimentaires au Sénégal »

L’exposé du panéliste, Dr Inoussi Akintayo du Centre du Riz pour l’Afrique (ex-ADRAO) a porté sur la valorisation du riz.

Les discussions qui ont suivi les deux présentations ont permis de relever les points suivis :

- La nécessité de regrouper dans une entité de conseils ou de décisions des cadres de consommateurs de provenances et de spécialités diversifiées (médecin, producteurs, société civile etc.) compte tenu de l’avènement de maladies chroniques liées à l’alimentation ;
- L’approvisionnement (qualité et disponibilité) ;
- Composition du pain riche : concernant le pain de blé/mil ou blé/maïs, l’incorporation de farine locale est en générale de 15% mais peut aller jusqu’à 30% ;
- De problèmes de granulométrie des farines locales ;
- De proposer des solutions aux transformateurs pour faire du Scale-up (augmenter le niveau de production des produits mis au point comme la farine roulée ou le couscous) ;
- De l’adaptabilité des variétés de riz NERICA, dans d’autres pays comme la vallée du Sénégal
- Des causes de la crise alimentaire née de la baisse de l’utilisation des surfaces emblavées,
- Comment faire pour passer des tests à l’industrialisation,
- L’Etude de la publication des livrets de recettes

VISITE DE TERRAIN

La journée du 19 Novembre 2009 a été consacrée à une visite de terrain au Centre de Recherche de l’IRD de Mbour. Les participants ont pu ainsi visiter, la collection ornitologique (1944), le Sentier Ecologique de la Réserve de Mbour, et l’Observatoire Géophysique.

PANEL 4

La journée du Vendredi 20 a été consacrée au Panel 4 sur le thème « Amélioration de la production : Contraintes, opportunités, perspectives » avec comme modérateur le Pr Yaye Kène Gassama de l’ANSTS/ARESA et comme rapporteur le Dr Antonin Oliyide (Bénin). Le thème du Panel 4 comportait les sous-thèmes suivants :

- Agriculture vivrière : Comment la développer et améliorer la situation des petits agriculteurs ;
- Conservation des sols, maîtrise des systèmes d’irrigation ;
- Amélioration et sélection variétales : contribution des agro-biotechnologies ;
- Interactions plantes – microorganismes dans l’amélioration de la production agricole ;
- Gouvernance et OGM.

L’exposé introductif a été fait par le Dr Jean Louis Pham de l’IRD sur le thème « Amélioration de la production agricole en Afrique subsaharienne. Opportunités, perspectives contraintes ».

Les panélistes et les sujets de leurs présentations étaient les suivants :

- Dr Pape Nouhine Dièye de PCE/USAID,
« Développer l’agriculture vivrière par une intégration des petits producteurs aux marchés. »

- Mme Rokhaya Daba Fall de l’INP,
« La terre un facteur non limitatif de la production »

- Dr Robin Duponnois de l’IRD,
« Ressources microbiennes et amélioration de la productivité des agrosystèmes »

- Mamadou Guèye de l’ANSTS/ISRA,
« Systèmes d’interactions dans un écosystème sol-plante »

Des débats fructueux qui ont suivis les différents exposés, nous pouvons retenir les éléments essentiels ci-après :

- Les plantes transgéniques sont utiles mais on ne connait pas leurs impacts à long terme sur la santé et l’environnement ;
- S’agissant des semences communautaires, beaucoup d’initiatives existent de par le monde. Il est bon d’envisager de faire des bilans et de procéder à des échanges d’expériences.

CONCLUSIONS RECOMMANDATIONS PROPOSITIONS D’ACTIONS

Les discussions qui ont fait suite aux conférences générales introductives et aux différents exposés des panélistes ont conduit les participants à formuler, après discussion, les recommandations suivantes :

Recommandation 1 : L’amélioration de la sécurité alimentaire passe nécessairement par le renforcement des capacités et des performances des petits exploitants agricoles de l’Afrique subsaharienne. Il est par conséquent nécessaire de leur apporter une aide conséquente par des approches innovantes d’autonomisation.

Recommandation 2 : L’émission des gaz à effet de serre qui est un facteur important du changement climatique constitue une préoccupation majeure. Il se trouve cependant que l’agriculture contribue pour une part non négligeable à l’émission des gaz à effet de serre. D’où la nécessité de promouvoir une agriculture raisonnée (intelligente).

Recommandation 3 : Les pertes sur la chaine alimentaire sont souvent énormes et incompatibles avec les normes de qualité. Afin de réduire de manière significative ces pertes il convient d’accroître les investissements pour améliorer les infrastructures de stockage et renforcer les professions d’appui à la maintenance, au contrôle et à la conception d’équipements dans le domaine agricole et agroalimentaire.

Recommandation 4 : Améliorer la sécurité alimentaire suppose un accès sécurisé à la terre, notamment pour les populations les plus pauvres et les femmes. Une meilleure gestion du foncier (régimes fonciers) est indispensable pour l’amélioration de la sécurité alimentaire.

Recommandation 5 : L’eau constitue un facteur limitant de la production agricole en Afrique Subsaharienne. D’où la nécessité d’accorder la priorité à l’investissement pour une meilleure maîtrise et une meilleure gestion de l’eau (e.g. irrigation goutte à goutte).

Recommandation 6 : La valorisation des résultats de la recherche peut être grandement améliorée. Ceci passe notamment par la construction de partenariats, la création de plateformes d’échanges, pour renforcer les actions de sensibilisation et de formation des décideurs et des autres acteurs. Il convient d’identifier les questions qui restent posées à la recherche.

Recommandation 7 : Une volonté politique affirmée et affichée est indispensable pour promouvoir une agriculture productive, compétitive et durable. Pour ce faire il convient de distinguer différents types d’agricultures (agricultures familiales, agricultures de firmes, agricultures de survie) pour un choix plus rationnel et plus judicieux des politiques publiques agricoles et agroalimentaires, qui tiennent compte des contextes nationaux et régionaux.

Recommandation 8 : Les biotechnologies végétales constituent un puissant outil pour l’accroissement de la productivité des cultures et l’amélioration de la qualité des aliments. Compte tenu de la complexité du domaine, il s’avère nécessaire d’envisager la possibilité d’avoir des expertises inter-académiques sur ce thème et sur d’autres dossiers complexes d’intérêt national.

Recommandation 9 : S’il est admis que la Science est universelle, l’expertise scientifique quant à elle, est nationale. Or il se trouve qu’il ne saurait y avoir une expertise nationale sans une construction scientifique nationale. Il est par conséquent nécessaire d’avoir, dans le long terme, une politique de construction d’un environnement scientifique, y compris aux métiers de la recherche, notamment en matière de Science et Technologie.

Recommandation 10 : Les recommandations précédentes doivent s’inscrire dans des plans de développement soutenus par des financements conséquents, sur de longues périodes.

 

 

A N N E X E S

PANEL 1 : Problèmes spécifiques des pays participants

Ngor Diarama (Sénégal), 17 novembre 2009

Modérateur : M. Moctar TOURE, ANSTS (Sénégal)

Rapporteur : M. Cheikh Alassane FALL, ISRA (Sénégal)

But du panel :

Après les conférences introductives, évoquant la situation générale de l’agriculture dans le monde et la diversité des agricultures, simultanément présentes, dans beaucoup de pays, le premier panel a pour but de faire la situation en matière de contraintes qui limiteraient la production agricole et alimentaire, et de donner un bref aperçu sur l’état d’utilisation des outils modernes en agriculture.

Présentation des communications :

Deux séries de trois communications ont permis de faire un bref état des lieux des barrières au développement de l’agriculture face au potentiel national de production et d’élargir le contexte de discussion.

Le professeur Samuel NZIETCHUENG de Cameroon Academy of Sciences, a présenté « L’agriculture au Cameroun en contexte de crise économique ». Il a évoqué la stratégie de sortie de crise, suite à la grave sécheresse des années 1974, qui avait sévi en Afrique. Les gouvernements s’étaient donnés 10 ans pour atteindre l’autosuffisance alimentaire avec un investissement conséquent, le soutien des donateurs, de la recherche scientifique et agronomique. Il a rappelé le contexte de crise alimentaire profonde actuelle, en fixant ses origines à la fin des années 80, et qui serait liée à la mise en œuvre des programmes d’ajustement structurel dotés d’une stratégie de désinvestissement en agriculture, d’abandon du soutien à la petite agriculture et d’importations de produits alimentaires en vue d’assurer la sécurité alimentaire. Il conclue que l’accentuation de cette crise a entrainé le déclenchement des émeutes de la faim, en 2008, au Cameroun.

Monsieur Mamadou Laho BARRY de l’Institut de recherche agronomique de Guinée, à exposé sur « La riziculture en Guinée : principales contraintes, méthodes de contrôle et acquis ». Après avoir décliné l’important potentiel agricole, il a listé, pour les quatre régions administratives de la Guinée (Basse Guinée, Moyenne Guinée, Haute Guinée et Guinée forestière), les différentes contraintes et les améliorations possibles des facteurs : sols, climats, adventices (contraintes fortes), ravageurs, rongeurs, semences (qualité, disponibilité, accessibilité), équipements et infrastructures agricoles, pauvreté.

Monsieur Koku D. TSATSU de l’ITRA, a fait le diagnostic de « L’agriculture togolaise : défis et perspectives ». Le secteur agricole est demeuré le moteur de croissance de l’économie malgré la longue crise économique et financière. Depuis 1994, le PIB agricole a évolué plus vite que le PIB courant (6,4% contre 4,3%). Un tassement de la production ces 10 dernières années a entrainé une réduction du disponible vivrier. Les contraintes essentielles sont, le faible niveau technique, le faible niveau de financement public et principalement l’absence d’investissement dans l’agriculture, le très faible niveau d’utilisation des semences certifiées, un cadre institutionnel général peu performant. Le remède passe par le relèvement du niveau de technicité et l’efficacité institutionnelle.

Monsieur Antonin OLIYIDE de la Direction de l’alimentation et de la nutrition appliquée, a fait la « situation de la sécurité alimentaire et de la biotechnologie agricole au Bénin ». Une agriculture en majorité basée sur de petites exploitations familiales paysannes. Avec un bilan vivrier positif, sauf en riz, le Bénin possède un potentiel de plus de 6 million d’ha de terre agricole non encore utilisée, des réserves hydrologiques importantes de l’ordre de 6700 ha. Les contraintes essentielles sont : le faible niveau d’investissement, la non maîtrise de l’eau, l’indisponibilité et l’inaccessibilité des semences certifiées, le faible revenu agricole, le système foncier. Face à cela, on note un taux annuel de dégradation des forêts de l’ordre de 100 000 ha. Sur les aspects de biotechnologie, le Bénin a voté un moratoire depuis mars 2002, sur les organismes transgéniques, et prépare son cadre juridique.

Monsieur Adama COMPAORE de l’Agence nationale de biosécurité du Faso, a fait le point sur « l’expérience du Burkina Faso en matière de biosécurité » dont le point déclencheur fut le coton génétiquement modifié (coton Bt). Après avoir exposé le cadre juridique, et le cadre institutionnel et réglementaire avec une batterie de règles établies, il a fait le point sur l’état de la mise œuvre de la biosécurité. Les défis restent la formation des différents acteurs sur la question et l’amélioration de la stratégie de communication au public.

Monsieur Niaba TEME de l’Institut d’économie rurale du Mali, a parlé du «  Striga hermontica , et les contraintes de la production grainière du sorgho grain au Mali » Il a montré que cette plante parasite, dont l’apparition entraine l’abandon total du champ, menace les 2/3 des superficies céréalières du continent africain. Les solutions préconisées sont la création de variétés de sorgho résistantes, qui pourrait utiliser des outils biotechnologiques comme la sélection assistée par marqueur, et l’amélioration de la fertilité des sols.

Forum de discussion :

Pour assurer l’approvisionnement en produits agricoles, et construire la sécurité alimentaire, on peut retenir des discussions, un certain nombre de défis communs à relever :
- La résolution de l’insécurité foncière
- La disponibilité et l’accessibilité des facteurs de production et/ou techniques adéquates (semences certifiées des cultures vivrières, irrigation, fertilité des terres) ;
- L’importance d’élaborer des politiques endogènes volontaristes ;
- La construction d’une expertise nationale par le développement de la production scientifique, c’est-à-dire de la recherche scientifique et technologique, en réponse à la question de savoir s’il y avait encore une place pour la recherche ;
- La formation des acteurs à la base et la place de l’arbre.

Recommandations :

Pour ne pas se limiter au diagnostic, les recommandations ci-après, adressées aux décideurs politiques, à la communauté scientifique nationale et régionale, aux opérateurs économiques et à la société civile, indiquent la direction à suivre en vue de transformer l’existant en des outils de développement et de promotion de l’innovation dans le domaine des biotechnologies notamment.
- Contribuer au dialogue et faciliter la construction d’un consensus national voire régional sur l’application des biotechnologies et l’utilisation des organismes génétiques modifiés (OGM).
- Mettre au point, à partir de partenariats forts, des produits et des techniques améliorés sur des cultures orphelines spécifiques, pour un marché de niche.

 

 

PANEL 2 : Sécurité alimentaire et nutritionnelle

La matinée de la journée du mercredi 18 novembre 2009 a été consacrée au thème : Sécurité alimentaire et nutritionnelle. La séance a eu comme modérateur : Bertrand Hervieu (AA) et pour rapporteur : Koku Domenyo Tsatsu (Togo).

Au total trois (3) communications ont été faites et ont porté sur (i) le renforcement de l’exploitation des sciences et techniques pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du sahel, (ii) la crise alimentaire au sahel et perspectives nutritionnelles et (iii) la biofortification des cultures vivrières.

Essence des communications

-  Renforcer l’exploitation des sciences et techniques pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations du sahel

Ce thème a été développé par Dr Safiétou Touré Fall (ANSTS/PAM). L’oratrice s’est appesantie sur la situation de la sécurité alimentaire dans le Sahel et a fait le constat qu’au niveau du Sahel ouest, il y a une amélioration marquée par une production céréalière moyenne à bonne. Par contre dans le Sahel est, on s’attend à une baisse de production de 30% due au retard des pluies et à la persistance de la sécheresse. Pour elle, parmi les indicateurs de la sécurité alimentaire, celui de la disponibilité est au cœur de la problématique au Sahel. Elle a indiqué qu’au Sénégal, l’insécurité alimentaire est autant perceptible en milieu rural qu’en milieu urbain.

Les actions pertinentes de recherche à mener doivent donc porter sur la surveillance continue des systèmes de vie et la supplémentation alimentaire. De même la question de la génération et du transfert des technologies de production et celle des méthodes d’évaluation de prévision de la sécurité alimentaire doivent être bien étudiées.

-  La crise alimentaire au Sahel et perspectives nutritionnelles

Ce thème a été présenté par Mme Salimata Wade (UCAD) qui a fait remarqué que les effets conjugués de la crise alimentaire de l’année 2008 et de la crise financière et économique de 2009, ont accentué l’augmentation des prix des denrées alimentaires déjà apparue en 2003 – 2004. De plus le caractère extraverti des habitudes alimentaires dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne fait que la prévalence de l’insécurité alimentaire continue d’augmenter dans nos pays contrairement aux autres parties du monde. Non seulement la consommation alimentaire est pauvre en milieu rural, mais aussi il y a réduction des quantités préparées par repas en milieu urbain et une réduction drastique de la consommation de viande et de poisson en général. Les défis a relevé sont donc ceux de la forte prévalence de la malnutrition par carence, de la persistance de la malnutrition chronique et de leur impact sur la santé, les performances intellectuelle et physique, le développement économique et social.

-  La biofortification des cultures vivrières

La question de la nécessaire biofortification des cultures vivrières pour améliorer la qualité nutritionnelle de certaines cultures à grande consommation a été développée par Albert Sasson (AH2ST). Les exemples d’amélioration de la patate douce au Mozambique et au Kenya et d’augmentation de la production du niébé au Niger ont été présentés comme étant des moyens simples pour faire face à l’avitaminose A. S’agissant de l’avancée de la biotechnologie et la production des plantes transgéniques, des travaux sont en cours sur l’amélioration de la valeur nutritive de certaines cultures, notamment le riz , le maïs, le sorgho, et la papaye. C’est le cas du riz doré, du riz six fois plus riche en fer et du maïs riche en beta carotène.

Discussions et points d’attention

A l’issue des exposés, les discussions et échanges qui ont été engagés ont fait ressortir les points d’attention suivants :

Sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel

- La malnutrition est plus une question de nutriments (vitamines et minéraux) que de protéines végétales ou animales ;
- Il est impérieux de conserver la biodiversité africaine pour mieux faire face au changement climatique et à la crise financière ;
- Il y a nécessité de rechercher la complémentarité des institutions qui élaborent des données sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- Il importe d’harmoniser les méthodologies d’évaluation des prévisions de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- La recherche scientifique doit aider à élaborer des protocoles consensuels d’évaluation ;
- Il faut renforcer la formation et l’éducation des populations sur les questions alimentaires et nutritionnelles.

Sur la biofortification et la biotechnologie

- Il n’ y a pas de choix dogmatique à faire en matière de production des plantes transgéniques, car il faut tenir compte des spécificités et des capacités de chaque Etat ;
- La communauté scientifique comme les académies doivent contribuer à éclairer les politiques pour la prise de bonnes décisions en matière de biotechnologies ;
- Les systèmes nationaux de recherche agronomique et les institutions internationales de recherche doivent être fortement impliqués dans les questions de biotechnologie ;
- Il y a nécessité pour chaque pays de disposer d’un système efficace de production de semences ;
- La priorité doit être accordée à l’agriculture familiale dans la quête de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Recommandations

- Que toutes les institutions traitant de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (USAID, FAO, PAM) et les institutions de recherche, se mettent ensemble pour élaborer et adopter des protocoles harmonisés de prévision du phénomène au niveau des pays.

- Que la communauté scientifique dans les différents pays adopte des positions claires vis à vis des plantes transgéniques qui permettent d’éclairer les politiques dans leurs prises de décision.

 

 

PANEL 3 : Valorisation des produits agro-alimentaires

Modérateur : Mr Pierre FEILLET, Académie des technologies, France

Rapporteur : Dr Yacine TOURE, ITA

I. Rapport introductif

Dans son exposé, le modérateur a expliqué :

- du rôle et des différentes facettes des aliments (se nourrir, se faire plaisir, pouvoir économique et politique etc.) ;
- du déterminisme du choix des aliments et de leurs liens avec le consommateur ;
- la place de l’aliment dans la chaîne alimentaire et ses interactions avec son environnement immédiat et socioéconomique ;

Il a enfin conclu en insistant sur l’importance de l’aliment et la nécessité, le pourquoi, pour qui l’innovation.

II. Exposé : Valorisation des produits agroalimentaires au Sénégal

Par Dr Ababacar Sadikh NDOYE, DG Institut de Technologie Alimentaire de Dakar (ITA)

L’orateur a d’abord rappelé que la Stratégie de la Valorisation des ressources naturelles basée sur le Consommé Sénégalais avait été à l’origine de la création de l’ITA par les Autorités Sénégalaises en 1963 avec la collaboration de la FAO.

Cette stratégie s’est réaffirmée dans le temps, notamment pendant cette crise alimentaire et financière mondiale. Ceci s’est matérialisé par la création en 2009, par les Autorités Sénégalaises, d’un département ministériel chargé de la transformation des produits agro alimentaires pour accompagner la Grand Offensive pour l’Autosuffisance et la Nutrition (GOANA).

L’orateur a par la suite passé en revue :

- Les Caractéristiques du secteur agroalimentaires ;

  • Place occupée par la pêche,
  • La dualité du secteur avec des industries modernes structurées peu attirées par l’innovation et de micro entreprises,
  • L’orientation de l’ITA vers les petites et micro entreprises en conformité avec la volonté politique de développement de ces dernières ;

- Les acquis en matière de valorisation des produits locaux ;

  • Technique de stockage des grains dans des fûts hermétique (Cana Grana),
  • Procédés de transformation primaire des céréales locales par le décorticage et la mouture à sec,
  • Développement de techniques de transformation de niébé,
  • Développement de produits de cuisson à base de farine composée (blé/mil, blé/mais, blé/niébé,
  • Création de recettes à bases de farines locales (voir livret de recettes) ,
  • Développement de produits de charcuterie,
  • Mise au point de produits à base de fruits et légumes,
  • Mise au point de produits issus des recherches de la biotechnologie etc.

- Les expériences de l’ITA en matière de transfert de technologie ;

La stratégie de transfert de Technologie de l’ITA s’est traduite par :

  • La formation 2008 de 504 micro-entrepreneurs et autres,
  • Une orientation affirmée d’un partenariat avec le secteur privé,
  • La réalisation d’incubation,
  • La création de pole de recherche agroalimentaire par la Société de Développement des Bio industries (SODEBIO) avec comme produits fares la gelée de Bissap, la poudre instantanée de Bissap, la collaboration avec la Société Kirène dans le développement du produit Presséa Bissap

La conclusion a mis en exergue :

  • La démonstration de l’existence d’acquis qui constitue une solution réelle à la Politique d’atteinte de la Sécurité Alimentaire,
  • Le pole volontariste des Pouvoirs Publics,
  • L’importance du partenariat avec le secteur Privé,
  • Le fait que la sécurité alimentaire passe également par la Transformation des produits agro alimentaires.

II. Exposé : Valorisation du RIZ

Par Dr Inoussi AKINTAYO, ADRAO

La crise alimentaire en cours a emmené les Etats à prendre des initiatives pour augmenter la production. Actuellement nous notons une certaine amélioration de la production du riz mais cet Atelier puisse amener les Autorités à faire maintenir ou augmenter ce niveau d’amélioration d’autant plus que l’Afrique dispose de terres riches qui sont même louées à d’autres états provenant d’autres continents pour produire certaines spéculations.

Il faudrait également que les Autorités optent et amènent leurs populations à consommer les productions locales.

Malgré les progrès de la science dans le domaine alimentaire, plus d’un milliard de personnes restent encore confrontées à la faim. Cette situation est due entre autre au manque de savoir faire, aux pertes de production (au Libéria, l’abattage du riz entraîne 15% de pertes ce qui a été amélioré par l’utilisation de batteuses à scie) et à la dépendance de l’extérieur.

L’orateur a présenté son exposition autour de :

- La transformation des produits locaux, non seulement crée de la valeur ajoutée mais contribue à la solution de lutte pour asseoir une bonne sécurité alimentaire.

Les acquis en termes de transformation du riz ont été exposés et peuvent se résumer comme suit :

- Pâtisserie (Gâteaux, crêpes, petits fours) ;
- Autres recettes à base de farine composée de riz mélangée avec d’autres farines ;
- Riz soufflé
- Cette transformation du riz est d’autant plus intéressante qu’elle est une alternative à la consommation de céréales pour ceux qui ont une allergie contre le gluten ;

- Formation de producteurs notamment des femmes :
- Les expériences de transformation de produits locaux ont commencé par le soja au Tchad,

  • à la transformation du riz au Sénégal. Dans les villages, compte tenu de leurs faibles capacités financières et d’équipements, des fours traditionnels à charbon sont utilisés,
  • La transformation de la patate douce a été expérimentée au Rwanda ;

- L’orateur a conclu en souhaitant que la farine de riz puisse remplacer la farine de blé si économiquement possible

III. Discussions

- Pour le premier exposé,

Les Discussions ont porté principalement :

  • La nécessité de regrouper dans une entité de conseils ou de décisions des cadres de consommateurs de provenances et de spécialités diversifiées (médecin, producteurs, société civile etc.) compte tenu de l’avènement de maladies chroniques liées à l’alimentation ;
  • L’approvisionnement (qualité et disponibilité),
  • Composition du pain riche : concernant le pain de blé/mil ou blé/mais, l’incorporation de farine locale est en générale de 15% mais peut aller jusqu’à 30%
  • De problèmes de granulométrie des farines locales,
  • De proposer des solutions aux transformateurs pour faire du Scale-up (augmenter le niveau de production des produits mis au point comme la farine roulée ou le couscous) ;
    - Pour le second exposé,

La discussion a tourné autour de :
- De l’adaptabilité des variétés de riz Nérica, dans d’autres pays comme la vallée du Sénégal
- Des causes de la crise alimentaire née de la baisse de l’utilisation des surfaces emblavées,
- Comment faire pour passer des tests à l’industrialisation,
- L’Etude de la publication des livrets de recettes

IV. Recommandations

- Créer des instances de concertation et de collaboration de différentes spécialités pour améliorer la chaîne de transformation des produits
- Développement de plateformes, de système de mutualisation et de coopératives qui achètent et paient le prix de la qualité ;
- Favoriser un système intégrer de producteurs comme dans certains pays ou presque 40% des produits agroalimentaires sont fabriqués par des coopératives ;

 

 

PANEL 4 : Amélioration de la production : contraintes, opportunités, perspectives

Modérateur : Dr Yaye Kène Gassama (ANSTS/ARESA)

Rapporteur : Mr Antonin Oliyidé (DANA/MAEP/BENIN)

- L’exposé introductif intitulé : Amélioration de la production agricole en Afrique sub-saharienne, à été présenté par Dr Jean Louis Pham (IRD).

Dans son introduction, l’orateur a rappelé le niveau de la faim dans le monde et celui de la malnutrition infantile en Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est. Il a en outre expliqué que la solution pour résorber ces deux fléaux ne réside pas uniquement dans la distribution de la production, mais aussi il est indispensable aujourd’hui de produire plus. Les points saillants de son intervention sur cette réflexion sont les suivants :

  • Le modèle “Révolution verte”

IL s’agit essentiellement du

  • Du package technologique et économique

(semences améliorées, travail du sol, engrais, etc.)

  • Des succès considérables, exemple de l’Inde et du Brésil
  • Des échecs, (cas du Togo), à cause du faible impact des variétés améliorées dans de nombreuses régions du globe
  • Des coûts et des limites (environnementaux, économiques)
  • Inventer de nouveaux modèles pour une agriculture durable avec moins de terres cultivables, moins d’eau, moins d’énergie, moins d’intrants à impact négatif (environnement, santé), moins de biodiversité etc.
  • Un accent à été ms sur les incertitudes qui caractérisent plus fortement aujourd’hui la production agricole et qui sont liés au climat : il s’agit de : l’augmentation de la température, l’évolution des précipitations etc.

Cela amène à trois considérations : produire plus (matériau et outils), produire autre chose (une approche agroécosystémique plus durable, exploiter les connaissances et pratiques locales), produire autrement (une diversification des ressources),

POUR RÉPONDRE A CES EXIGENCES IL FAUT :

- une accélération sans précédent du développement des connaissances des opportunités technologiques et méthodologiques
- Une palette d’outils à utiliser au mieux pour une agriculture durable
- Une autre révolution agricole à mener
- Anticiper les changements à venir même s’ils ne sont pas tous connus
- Des femmes et des hommes à former
- Des priorités à établir
- Des métiers à (ré)inventer

2. Les exposés des panelistes ont été présentés respectivement par : Dr Pape Nouhine Diéyé de l’USAID, Dr Rokhaya Daba Fall de l’INP, Dr Robin Duponnois de l’IRD, Dr Mamadou Geye de l’ISRA/ANSTS. Les thèmes de ces différents exposés et les points essentiels abordés se présentent comme suit :

2.1 DÉVELOPPER L’AGRICULTURE VIVRIÈRE PAR UNE INTÉGRATION DES PETITS PRODUCTEURS AU MARCHÉ

2.2 LA TERRE UN FACTEUR NON LIMITATIF DE LA PRODUCTION

2.3 RESSOURCES MICROBIENNES & AMÉLIORATION DE LA PRODUCTIVITÉ DES AGROSYSTÈMES

2.4 SYSTEME D’NTERACTION DANS UN ECO-SYSTEME SOL-PLANTE

Ces différentes interventions constituent des éclairages complémentaires à l’exposé introductif. L’on peut retenir :

Au Sénégal, comme dans la plupart des pays africains, la terre n’est pas une limite à l’augmentation des productions.

Les domaines de recherche sont obligatoires dans l’élaboration de politiques de développement agricole porteuses de réussite.

La symbiose mycorhizienne intervient dans les processus biologiques optimisant la productivité, la stabilité et la diversité du couvert végétal

La Fixation Biologique de l’Azote permet une agriculture durable (maintien et amélioration de la fertilité des sols), fournit des aliments riches en protéines et sauvegarde l’environnement

Aussi, est-il utile de créer des incubateurs chez les producteurs pour : la production, la distribution et l’utilisation des inocula de microorganismes fixateurs d’azote.

Des débats fructueux qui ont suivis ces différents exposés, nous pouvons retenir les éléments essentiels ci-après :

Les plantes transgéniques sont utiles mais on ne connait pas leurs impacts à long terme sur la santé et l’environnement

S’agissant des semences communautaires, beaucoup d’initiatives existent de par le monde. Il est bon d’envisager des bilans et de échanges, connaitre les échecs et les succès afin d’orienter efficacement les actions futures.

L’inoculation de l’arachide et du niébé n’ont pas donné des résultats positifs. Par contre celle du voandzou, du soja et du niébé ont été très concluant. Mais l’adoption de ces technologies au niveau paysan reste du chemin à faire.