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Date de publication : vendredi 1er juillet 2011
L’assainissement : un objectif non atteint

Il apparaît de plus en plus clairement que les efforts de la communauté internationale sont très insuffisants dans le domaine de l’assainissement.

Cet objectif majeur est l’un des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), proposés par l’ONU, et entérinés par tous les Etats membres.

Comme le montre ce graphique tiré du hors-série du journal Le Monde, « Bilan du monde 2011. Situation économique internationale » (p.13), c’est le seul qui figure au-dehors de la "cible" de ces Objectifs. Ce qui est très inquiétant pour la santé humaine dans le monde, à court et à moyen terme.

Objectifs du Millénaire pour le Développement

« La moitié de la population des régions en développement ne bénéficiant d’aucun assainissement, la cible de 2015 semble hors de portée »

C’est par ce titre que le récent rapport des Nations Unies, "Objectifs du Millénaire pour le développement. Rapport 2010" (pp. 61-63) qui a servi de source au hors-série du Monde, ouvre son chapitre consacré à l’assainissement. Il poursuit :

« Étant donné la progression actuelle, le monde n’atteindra pas la cible visant à diminuer de moitié le pourcentage de personnes dépourvues d’un assainissement de base. On estime qu’en 2008, 2,6 milliards d’individus n’avaient pas accès à des installations sanitaires améliorées dans le monde. Si cette tendance se poursuit, ce chiffre passera à 2,7 milliards d’ici 2015. En 2008, 48 pour cent de la population des régions en développement ne disposaient pas d’un assainissement de base. Les deux régions qui rencontrent les plus grands obstacles sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, où respectivement, 69 et 64 pour cent de la population n’y ont pas accès.

En ce qui concerne les pratiques sanitaires, celle qui représente la plus grande menace pour la santé humaine est la défécation à l’air libre. Il est encourageant que celle-ci soit en recul dans toutes les régions en développement. Cependant, la diminution relative la plus importante a eu lieu dans les deux régions où elle est le moins pratiquée (Afrique du Nord et Asie de l’Ouest). Par contraste, c’est en Afrique subsaharienne, où les taux de défécation à l’air libre sont élevés, que les progrès ont été les plus lents, avec une diminution de 25 pour cent. L’Asie du Sud, qui a le taux le plus élevé de défécation à l’air libre au monde (44 pour cent de la population) n’a fait que peu de progrès.

La défécation à l’air libre, pratiquée par 1,1 milliard de personnes, est un affront à la dignité humaine. En outre, la défécation inconsidérée est la cause première de la transmission des affections fécales-orales, lesquelles peuvent avoir des conséquences létales pour les membres les vulnérables de la société, à savoir les jeunes enfants. Si les taux de défécation à l’air libre continuent de reculer, l’impact sur la réduction de la mortalité infantile pourrait être énorme, car cela préviendrait surtout les maladies diarrhéiques et les retards de croissance et la dénutrition qui en découlent souvent. Des initiatives réussies dans les groupes les plus pauvres et les plus désavantagés de la société prouvent que les comportements peuvent changer. Il y faut de la volonté politique af n de mobiliser les ressources requises pour mettre f n à la défécation à l’air libre, laquelle représente l’obstacle le plus sérieux à la résolution du problème de l’assainissement.

Les disparités entre zones urbaines et rurales restent inquiétantes en ce qui concerne la couverture de l’assainissement

Proportion de la population utilisant des installations sanitaires

Les plus grands progrès en termes d’assainissement ont eu lieu dans les zones rurales. Pendant la période 1990-2008, la couverture de l’assainissement pour l’ensemble des régions en développement a augmenté de 5 pour cent dans les zones urbaines et de 43 pour cent en zone rurale. En Asie du Sud, cette couverture est passée de 56 à 57 pour cent pour les populations urbaines (à peine 1% d’augmentation), alors qu’elle a doublé dans les zones rurales en passant de 13 à 26 pour cent. L’écart entre zones urbaines et rurales reste énorme, cependant, surtout en Asie du Sud, en Afrique subsaharienne et en Océanie. »

La conférence Parmenides IV de Rabat permettra d’élaborer des recommandations opérationnelles d’aide à la décision et à l’investissement pour remédier à ces perspectives alarmantes, qui le sont particulièrement dans la région méditerranéenne.