« La santé par les femmes »
WHEP, créé à l’initiative de l’Académie des sciences de France, est un programme scientifique international du GID.
WHEP est chargé d’accompagner des projets nationaux contribuant à l’amélioration de la santé de tous par l’éducation des femmes dans les pays en développement.

Le 9 septembre 2006, par Jacques Fröchen,
Signé Marie-Laure Le Foulon, cet article, paru dans le Figaro du 26 août 2006, pose quelques questions bien dérangeantes sur l’efficacité, voire tout simplement l’utilité des grands colloques internationaux sur les ressources de notre planète.
Publié le 26 août 2006 dans le Figaro
« Des participants à la semaine mondiale de l’eau, qui se termine aujourd’hui à Stockholm, remettent en question l’efficacité de ce genre de réunion.
Nous nous sommes vus en mars dernier au forum mondial de l’eau à Mexico, nous nous revoyons maintenant à Stockholm... Mais concrètement que se passe-t-il sur le terrain ? Atteignons-nous les véritables décideurs et responsables de la gestion de l’eau ? », s’est demandée Doris Ombara du WWF de l’Afrique de l’Est lors de la Semaine mondiale de l’eau qui a réuni 2 000 participants à Stockholm, un record. La réunion annuelle de la capitale suédoise lui a permis de dénoncer la succession de forums et de colloques qui ne trouvent aucune application sur le terrain.
Car en dépit de la multiplication de ces rencontres au cours des vingt dernières années, elle estime que la situation s’est même détériorée dans de nombreuses régions d’Afrique. Non seulement il faut toujours aller chercher l’eau à des kilomètres des lieux d’habitation, mais en plus aujourd’hui l’eau des puits est polluée par les pesticides ou les engrais.
Le professeur canadien d’origine indienne Asit K. Biswas est encore plus définitif : « Ces mégaforums sont une perte de temps et d’argent, 75% des gens qui les fréquentent sont toujours les mêmes, en général des messieurs d’âge mûrs, alors même qu’il n’existe pas de solution globale pour l’eau. » Ce scientifique de 67 ans qui préside actuellement l’Institut du tiers-monde de la gestion de l’eau, dont le siège est à Mexico, est pourtant cette année le lauréat du prix de l’Eau de Stockholm, d’un montant de 150 000 dollars (114 000 euros). Mais Asit K. Biswas a justement pour spécialité depuis des décennies de secouer l’élite mondiale de l’eau en parlant clair car « la science n’avance pas à coup de consensus. »
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La suite est également fort sévère avec la France en particulier :
« La France souffre en effet d’une très mauvaise réputation en la matière. Au niveau économique, elle est devenue le symbole honni de la privatisation d’un bien public, puisque les groupes privés se sont vu confier la majorité des systèmes d’eau municipaux français mais au niveau technique sa suprématie commence aussi à être remise en question. »
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M.-L. Le Foulon conclut son article sur l’irremplaçable rôle des femmes
« Elles vont chercher l’eau, elles baignent les enfants, elles repiquent le riz, elles font la cuisine, lavent les vêtements et veillent également à la salubrité de la maison. Pourtant, les femmes sont très peu impliquées dans la gestion de l’eau alors qu’elles ont la connaissance du terrain et que ce sont elles qui payent le plus lourd tribut aux maladies liées au manque d’hygiène. En Malaisie, une campagne pour améliorer l’assainissement a permis de réduire la mortalité maternelle de 70%.
En Tanzanie, après l’assèchement d’un puits, suite à une décision des hommes, toute la région du Kilombero sollicite désormais les femmes, qui ont une connaissance ancestrale des sources.
En dépit de la multiplication des professions de foi égalitaristes, la société y reste réticente. Dans certains villages d’Inde, les hommes craignent que la gestion de l’eau confère aux femmes trop de pouvoir ; et si, en Afrique, la corvée d’eau quotidienne, qui leur déforme le dos, est le fait des filles, elles payent ce « privilège » de retards dans leur scolarité. »
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Un article qui donne à réfléchir...
Référence : Le Figaro