Women Health Education Programme

« La santé par les femmes »

WHEP, créé à l’initiative de l’Académie des sciences de France, est un programme scientifique international du GID.

WHEP est chargé d’accompagner des projets nationaux contribuant à l’amélioration de la santé de tous par l’éducation des femmes dans les pays en développement.

GID

Un Programme du GID - Groupe Inter-académique pour le Développement
 

Approche lexicale du corps souffrant en langue bambara

Le 27 février 2008, par Yannick Jaffré,

(avec la participation de Francis Segond)

Le texte et l’offre lexicale que nous présentons ici sont des documents de travail. Ils ne sont ni complets, ni définitifs et n’ont pas – pas encore ? – la rigueur d’une publication scientifique « définitive ».

«  work in progress  » ou ébauche, nous ne les présentons que dans le but d’aider ceux qui souhaiteraient travailler et se former dans ce domaine de l’anthropologie de la santé. Il s’agit donc d’un « travail en partage ».

C’est aussi pourquoi notre ébauche de lexique doit, avant tout, se lire comme un « utile pense-bête », qui proposerait des « entrées » devant faire l’objet d’enquêtes ethnolinguistiques ultérieures pour pouvoir être validées selon les contextes, les populations, les symptômes présentés, etc.

Comme nous le soulignons en introduction, aucune traduction ne peut se satisfaire d’une irréelle correspondance terme à terme et il serait absurde de faire ce que l’on critique. Mais il faut bien commencer par une première et illusoire équivalence ou approximation pour faire ensuite ressortir combien les champs sémantiques ne sont aucunement isomorphes.

Ce lexique, empruntant à diverses sources publiées ou a certaines de nos propres enquêtes, n’a d’autre ambition que de correspondre à un premier recensement thématique. Il ne sera utile et pertinent qu’en fonction de sa reprise dans une démarche scientifique rigoureuse, cohérente et prudente.

L’intégralité de cette étude est directement accessible en cliquant sur ce lien. Vous pouvez également télécharger une version imprimable complète au format « PDF » en cliquant sur ce lien.

Introduction

approche ethnolinguistique et anthropologique de quelques questions de santé

L’anthropologie est une discipline bien éloignée des connaissances et des techniques médicales, et le praticien de santé peut fort bien résoudre un problème clinique ou opérer un patient sans socialement le connaître et sans l’interroger sur ses goûts, idées et appartenances culturelles.

Par contre, prendre en charge une personne malade implique de comprendre sa demande de soins, ce qui suppose, a minima, de partager un même langage. Faisons un pas de plus. Si le soignant souhaite être efficace, il doit aussi tenir compte des contraintes psychologiques et sociales de son patient. Disons le autrement et simplement : un traitement correctement prescrit mais non suivi pour diverses raisons sociales, est-il encore un “ bon ” traitement ?

Enfin, il serait dommage que le rôle du médecin se limite à attendre que les populations deviennent malades pour les traiter. Il doit aussi se préoccuper de prévention, tenter de réduire les risques et éventuellement accompagner socialement ceux qu’il ne peut malheureusement soigner.

Bref, autant le soignant peut effectuer un acte chirurgical sans connaître humainement son client - bien que répondre à ses questions, s’assurer de sa compréhension et de la possibilité du suivi… soient des “ actes sociaux ” - autant il ne peut assurer la santé d’une population sans la connaître.

Cette approche de groupes humains particuliers, de leurs langues, de leurs pratiques techniques économiques et sociales, et de leurs modes d’organisation, ne peut aucunement se limiter à une sorte de connivence culturelle. Autrement dit, il ne suffit pas de dire “ j’y suis né ” ou “ je comprends suffisamment de mots pour me débrouiller pendant ma consultation ”…

Une certaine distance analytique, l’usage de bibliographie, l’étude documentée de quelques aspects précis sont indispensables pour développer des connaissances sur un groupe social. Partager des habitudes n’est pas synonyme de connaître un fonctionnement social : avoir un cœur ne rend pas cardiologue, vivre en société ne rend pas sociologue…

L’étude de tout groupe humain est complexe. Elle implique, la maîtrise d’outils théoriques permettant une approche qualitative scientifique des pratiques sociales ayant un impact sur l’état de santé des collectivités, et l’usage de concepts adaptés à l’analyse – et parfois la résolution - des problèmes socio-sanitaires rencontrés.

C’est pourquoi cette introduction et ces ébauches de lexiques visent à fournir aux personnels de santé travaillant quotidiennement “ en population ” quelques méthodes indispensables à la compréhension des logiques comportementales des malades et à la prévention des risques menaçant la santé.

Soulignons de plus, que connaître ne signifie pas automatiquement pouvoir transformer. Certains facteurs, politiques et économiques sont difficilement réformables par une simple étude et quelques projets.

Par contre l’étude anthropologique permet souvent de “ modifier ce qui est modifiable ” et quelques actions, simples et peu coûteuses, peuvent parfois “ rapporter gros ”.

Imaginons simplement que tout contact avec une structure de santé soit une occasion pour comprendre sa maladie, ses causes et ses préventions ? Quelques mots échangés pourraient construire une nouvelle politique éducative.

1. “ C’est quoi ? ” l’anthropologie de la santé

L’analyse anthropologique permet la réalisation de plusieurs objectifs.

Elle permet d’analyser les logiques comportementales des populations et des acteurs des situations sanitaires.

Elle rend compte des interprétations populaires des symptômes et des modalités de leur regroupement sous la forme d’entités nosologiques populaires. Ce que soulignent ici l’approche ethnolinguistique.

Elle identifie les contraintes et les spécificités sociales qui expliquent les conduites de soins des populations.

Enfin, elle étudie les systèmes sanitaires en analysant les divers points de vue de ses acteurs – soignants officiels ou profanes, malades, familles -, et les multiples actions qui définissent leurs relations et les enjeux politiques de leurs activités.

Pour cela, plus que “ cerner les problèmes ” selon un découpage pré-établi des domaines d’intervention (la santé, l’agriculture, le politique, le religieux, etc.), cette discipline souligne, au contraire, leurs ramifications.

Ces multiples enchâssements entre diverses sphères d’activité sont analysés selon les dires des acteurs eux-mêmes et non selon nos propres hypothèses codifiées a priori. Et l’anthropologie souligne, notamment, comment certaines particularités des relations entre divers secteurs sociaux (familiaux, éducatifs, histoire des pouvoirs locaux) peuvent expliquer des problèmes sanitaires ou les conduites des soignants et des populations.

Par exemple, la prévention du trachome implique une analyse des représentations de la maladie (discours commun), des pratiques d’hygiène (sphère familiale) mais aussi de la gestion des points d’eau (sphère politique locale), voire des pratiques politico-économiques plus larges.

Il découle de ce qui précède, que l’anthropologie démontre qu’agir sur les conduites de diverses populations ou personnes malades ne peut se limiter à émettre, même de manière “ adaptée ”, des jugements normatifs sur leurs pratiques (“ vous devez… ”, “ il faut que …”). Il s’agit plutôt de dénouer la chaîne des motifs et des contraintes qui englobent et expliquent ces choix et ces comportements.

Une formule simple permet de résumer la posture de l’anthropologie : si l’autre n’a pas toujours raison de faire ce qu’il fait, il ne le fait sans doute pas sans “ raisons ”. C’est cette analyse du “ point de vue ” de l’autre qui spécifie l’approche de cette science sociale. [...]

Lisez la suite de cette étude en cliquant sur ce lien. Vous pouvez également télécharger une version imprimable complète au format « PDF » en cliquant sur ce lien.



 

Documents joints à l'article

Approche lexicale du corps souffrant en langue bambara
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